PROPOS

samedi 16 janvier 2010

AVIS

Chers Amis,

Désolé, mais étant en période de déménagement, je ne pourrai pas alimenter ce blog avant le début mars 2010.

J'espère vous retrouver nombreux à cette époque.

A bientôt!!!

Pierre

samedi 26 décembre 2009

REFAIRE LE MONDE?

C’est le propre des jeunes gens de penser qu’ils pourront réussir là où leurs aînés ont échoué.

C’est pour cela qu’une des occupations favorites des générations nouvelles est de refaire le monde, persuadées de la valeur de leurs idées qu’elles veulent souvent en rupture complète avec celles de leurs aînés.



Au dix-neuvième siècle, l’homme était encore confiant que de nouvelles idées associées aux progrès de la science seraient le remède aux maux de l’humanité.

Auguste Comte, dans son Cours de Philosophie Positive, soutint, en 1830, que l’Humanité, débarrassée de la croyance au surnaturel, allait enfin progresser, grâce au règne de la seule raison guidée par l’observation scientifique.

Quant au grand savant Berthelot, il écrivit en 1863, que seule la science possédait « une force morale capable de faire surgir à bref délai les temps bénis de l’égalité et de la fraternitéé ». Dix-huit ans plus tard, il osera prophétiser que « L’homme de l’an 2000 gagnera en douceur et en moralité parce qu’il cessera de vivre par le carnage et la destruction des créatures vivantes… La terre deviendra un vaste jardin ».



Nous avons dépassé l’an 2000 .

Quel est le diagnostique qui s’impose à toute personne réfléchie ?

Force est de constater la faillite des idéologies politiques de tous bords, l’échec des grandes religions, l’inutilité flagrante des systèmes philosophiques et les limites de la science, dans laquelle les hommes avaient pensé trouver l’espoir ultime. On peut donc se demander à juste titre s’il est encore possible de refaire le monde.

Voici ce que déclara à ce sujet Albert Camus, en 1957, dans son discours de Stockholm, à l’occasion de sa réception du prix Nobel de littérature :

« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse ».

Celui que l’on a taxé de pessimisme était tout simplement réaliste.



A la porte de 2010, après l’échec du Sommet de Copenhague, on peut certainement douter que l’homme soit capable « d’empêcher que le monde ne se défasse ».

Constat pessimiste ? En ce qui me concerne, je le crois hélas lucide et réaliste.

Qu’à cela ne tienne !

Allez, les jeunes, ne vous privez pas du rêve de refaire le monde !





Note: Les citations d'Auguste Comte et de Berthelot sont tirées de l'ouvrage passionnant de Jacques Chastenet "Histoire de la Troisième République" aux éditions Hachette.

mercredi 2 décembre 2009

PETITION

Un groupe de journalistes en Europe vient de créer un blog pour demander la libération de la journaliste iranienne Fariba Pajooh. S’y trouvent pour l’instant un communiqué au sujet de Fariba en plusieurs langues, des liens vers des articles de presse sur elle, et l’adresse mail pour une pétition à signer. On essaie de récolter un maximum de signatures le plus rapidement possible pour pouvoir déposer la pétition aux ambassades iraniennes. Pouvez-vous svp diffuser l’adresse de notre blog et l’adresse mail pour la pétition à vos contacts ?

Pour signer la pétition, envoyer votre nom à : freefariba@gmail.com

Le blog : http://freefariba.over-blog.com/

samedi 28 novembre 2009

Georges Brassens - ´La ballade des gens...´

Si les français, mes compatriotes, pouvaient méditer les paroles de ce petit chef-d'oeuvre, ils descendraient de leurs clochers, et le restant du monde aurait du plaisir à les fréquenter...

jeudi 26 novembre 2009

L'INVINCIBLE ARMADA

Les nations de ce monde sont autant de navires aux tonnages variés, qui voguent péniblement sur l’océan tempétueux de l’Histoire.
Cette « Armada » moderne se croit invincible et nous assure qu’un jour, indéfini dans l’avenir, elle finira par arriver à bon port. Les hommes éclairés nous disent qu’il faut croire en l’homme et que c’est un pêché de mettre en doute les capacités insoupçonnées des nautoniers qui tiennent la barre de ces malheureux esquifs.

Je suis pénétré d’admiration pour un texte de Paul Valéry à ce sujet, « La Crise de l’Esprit », publié en 1919, dont je livre à votre méditation le début de la première Lettre :

Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles.
Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d’empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs sciences pures et appliquées, avec leurs grammaires, leurs dictionnaires, leurs classiques, leurs romantiques et leurs symbolistes, leurs critiques et les critiques de leurs critiques. Nous savions bien que toute la terre apparente est faite de cendres, que la cendre signifie quelque chose. Nous apercevions à travers l’épaisseur de l’histoire, les fantômes d’immenses navires qui furent chargés de richesse et d’esprit. Nous ne pouvions pas les compter. Mais ces naufrages, après tout, n’étaient pas notre affaire.
Élam, Ninive, Babylone étaient de beaux noms vagues, et la ruine totale de ces mondes avait aussi peu de signification pour nous que leur existence même. Mais France, Angleterre, Russie... ce seraient aussi de beaux noms. Lusitania aussi est un beau nom. Et nous voyons maintenant que l’abîme de l’histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu’une civilisation a la même fragilité qu’une vie. Les circonstances qui enverraient les œuvres de Keats et celles de Baudelaire rejoindre les œuvres de Ménandre ne sont plus du tout inconcevables : elles sont dans les journaux.


Ne pensez vous pas que l’actuel système de chose planétaire se dirige inexorablement vers cet « abîme de l’histoire » ?
Quant à moi, j’attends encore que l’on me donne des raisons indiscutables de mettre ma confiance dans cet « homme » dont l’Ecclésiaste nous a enseigné, il y a des millénaires, qu’il « domine l’homme à son détriment ».
La question que je me pose est simplement la suivante : quand cette « Invincible Armada » des temps modernes va-t-elle disparaître dans « l’abîme de l’histoire » ?

JOURNAL

Dimanche 13 avril 2008

Le monde dit "démocratique" est, selon moi, en train de perdre la guerre contre le terrorisme international quelque soit le vêtement dont ce dernier se pare. Une des raisons en est la division des nations et la force utilisée à la place de l'intelligence; je reviendrai la dessus lorsque j'aurai mis de l'ordre dans mes idées à ce sujet.

Suis-je pessimiste? réaliste? Le deuxième engendre le premier.

Heureusement que j'ai mon antidote personnel: les nourritures qui m'ont fait croître jusqu'à ce jour, ce que l'on appelle de ce mot que j'hésite à utiliser étant donné sa charge de prétention, la "culture", nourritures qui ne m'ont jamais manqué; cette réserve d'idées et d'harmonies que l'on nomme "littérature" et "musique" est tellement vaste que je ne cesse d'y puiser des richesses nouvelles tout en revenant régulièrement à celles dont je me suis déjà nourri.

Je me rappelle avoir rencontré à Paris, dans ma jeunesse, un musicien français qui fut associé à Wilhelm Frurtwängler, lors du concert de réouverture du Festival de Bayreuth, après la deuxième guerre mondiale, en 1951. Le grand maître allemand y dirigea la neuvième symphonie de Beethoven et le monsieur avec qui je conversai et dont j'ai malheureusement oublié le nom, fut le chef des choeurs à cette occasion. Il me raconta quelques anecdotes passionnantes au sujet de l'interprétation magistrale du grand maître, notamment l'excitation fébrile des musiciens; certains violonistes avaient les doigts qui saignaient, électrisés qu'ils étaient dans le passage endiablé où les cordes se déchaînent après la première intervention des choeurs et des solistes. Je possède encore cet enregistrement en direct où l'on ressent effectivement cette fébrilité. Mais ce qui m'a surtout frappé fut la réponse que Furtwängler fit à une question que lui avait posée mon interlocuteur:

-Maître, pourquoi n'avez-vous pas encore dirigé la Missa Solemnis de Beethoven?

-C'est une partition que je ne connais pas encore assez bien et qu'il me faudrait étudier avant de la pouvoir maîtriser.

Quelle modestie de la part d'un homme à la carrière que l'on connaît, contestée, peut-être, à cause de son ambiguïté devant le régime d'Hitler, mais à l'autorité musicale incontestable, reconnue des spécialistes et des mélomanes du monde entier.

Cette réponse souligne aussi les ressources immenses de notre patrimoine culturel. Ces ressources, je ne les aurai pas épuisées avant de disparaître dans le silence de la terre, et cela me rassure.

Pourquoi repensé-je à cela aujourd'hui? Parce que c'est seulement aujourd'hui que je découvre cette fameuse "Missa Solemnis" et que je suis ébloui par la sublimité de cette musique. J'écoute et réécoute, avec l'émotion que procure le Beau, le Praeludium et le Benedictus qu'il introduit; je me demande d'ailleurs pourquoi le compositeur a jugé bon d'insérer au milieu de sa partition ce prélude orchestral alors que tout le reste est chanté; il me faudra faire des recherches à ce sujet.

Ce Beethoven dont je n'ai pas, à ce jour, épuisé les richesses, contrairement à ce que je croyais, a encore beaucoup à me donner, et c'est dans cette nourriture là que je puise de l'énergie et une certaine confiance en l'homme. Pourquoi? Il y a beaucoup à dire la dessus et cela fera peut-être le sujet d'un prochain essai.

Je n'oublie évidemment pas la nourriture spirituelle par excellence, emmagasinées dans les greniers de la Bible, mais c'est une autre histoire.