Dimanche 8 novembre:
Je trouve une émulation à continuer ce journal dans ma lecture de base du moment, le "Journal" d'Edmond et Jules de Goncourt. J'en ai trouvé une édition ancienne chez un libraire de la Galerie Borthier, non loin de la Grand Place de Bruxelles, où je me rends régulièrement pour fouiner et dégoter quelques trésors.
Mon livre de base est celui que je lis tous les jours.
Pourquoi "de base"? C'est que je lis toujours plusieurs livres de front. Par exemple, actuellement:
-"Le courage de la vérité" de Michel Foucault.
-"Toutes ces choses que l'on ne s'est pas dites" de Marc Levy.
-"Oeuvres poétiques" de Clément Marot.
-"Langue Morte" de Jean Michel Delacomptée (Il s'agit de la vie de Bossuet).
Je viens de terminer les "Conversations sur la langue française" de Pierre Encrevé et Michel Braudeau.
Quand je suis fatigué et que je n'ai pas envie de trop réfléchir, alors je m'oblige à me rafraîchir un peu dans mon livre de base, car il m'est inconcevable de passer une journée sans lire.
Le "Journal" des Goncourt est d'ailleurs facile à lire et très distrayant. C'est un fatras de notes éparses, de portraits biens crayonnés, de descriptions de la vie parisienne et de réflexions sur la vie littéraire et sur le métier d'écrivain, d'anecdotes en tous genres, salées parfois, pittoresques souvent, fades quelques fois. On y fréquente Balzac, Baudelaire (au café Riche), Théophile Gautier, Gavarni et une foultitude de personnages hauts en couleurs de la seconde moitié du XIXème siècle, dont les noms plus ou moins illustres sont gravés dans nos mémoires et, pour certains, recouverts de la poussière que le temps dépose en chacun de nous.
Selon Nietzsche, "sans musique la vie serait une erreur". Je suis pleinement d'accord, comme souvent, avec le philosophe. Tiens, entre parenthèse, repensant à cette phrase, cet après-midi, et écoutant des lieder composés par Nietzsche lui-même, je me suis dit que j'aurais aimé rencontrer Lou Andréas Salomé (simple parenthèse).
Les oeuvres que j'ai écoutées aujourd'hui ont toutes un rapport avec mon copain Friedrich:
-ses "lieder",
-le 4ème mouvement de la "troisième symphonie" de Gustav Mahler,
-des extraits de "Lohengrin" de Richard Wagner,
-"Ainsi parlait Zarathoustra" de Richard Strauss.
A la fin de l'après-midi, j'ai regardé à la télévision la retransmission du concert commémoratif de la chute du Mur de Berlin, donné à Leipzig dans l'Église Saint Nicolas, un des hauts lieux de la révolution. Ce concert comprenait l'ouverture d'Egmond de Beethoven, la romance n°1 pour violon et orchestre, du même Beethoven, un motet de J.S. Bach et l'allegro de la deuxième symphonie de Brahms. L'orchestre du Gewandhaus était dirigé par Kurt Masur qui fut, il y a vingt ans, à sa manière, l'un des héros de cette révolution. Du nanan que ce concert, dans un lieu mythique!
Cette journée va se terminer avec "Le hussard sur le toit", et j'aurais le sentiment précieux de ne pas avoir perdu mon temps.
mardi 24 novembre 2009
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